Employeurs - Mon entreprise et la violence conjugale

 

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Pourquoi la violence dans les relations amoureuses doit être une préoccupation pour les milieux de travail?

La santé et la sécurité sont de plus en plus une préoccupation dans nos milieux de travail et, de plus en plus, le bien-être général des employé-es est considéré en gestion des ressources humaines par l’administration. La violence conjugale a en soi un impact considérable sur le bien-être et la sécurité des personnes impliquées et de leur entourage.

Elle nait entre deux personnes dans un contexte relationnel intime, hétérosexuel ou homosexuel, dès le début des fréquentations ou au cours de leur relation de couple, et peut se poursuivre après une rupture, indépendamment de leur âge, de leur nationalité, de leur degré de scolarité ou de leur niveau économique. La violence conjugale, introduite par une personne dans le couple cherchant à avoir du pouvoir sur l’autre personne, se traduit de façon récurrente par des gestes, des attitudes ou des paroles visant toujours à dévaloriser et à contrôler l’autre. Plus la victime dans la relation est isolée socialement, plus elle devient vulnérable par rapport à l’intensité et à la répétitivité des actes violents :

  • psychologiquement;
  • verbalement;
  • physiquement;
  • sexuellement;
  • économiquement.

 

Les milieux de travail ont donc tout intérêt à se préoccuper de la prévention de la violence dans les relations amoureuses des membres de leur équipe.

Pour plus de détail consulter le guide:

La violence conjugale...une menace pour mon entreprise.pdf

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Quels sont les impacts de la violence conjugale sur mon entreprise?

En tant qu’employeur, avez-vous déjà remarqué que la violence conjugale a d’importantes répercussions sur vos ressources humaines et financières? Lorsqu’une personne est victime de violence dans sa relation amoureuse, son employeur accueille certaines pertes :

  • des coûts administratifs sont occasionnés par la situation
  • la productivité de l’employé-e est diminuée;
  • l’employé-e fait preuve de distraction, de retard ou d’absentéisme;
  • sa charge de travail doit être redistribuée dans l’équipe;
  • l’équipe peut ressentir une surcharge de travail à court, moyen ou long terme;
  • l’équipe peut développer un essoufflement professionnel.
     

Lorsque votre employé-e est victime ou auteur-e de violence conjugale, vous consacrez en tant que gestionnaire une certaine proportion de votre temps à gérer la situation :

  • en accueillant la situation;
  • en gérant l’indisponibilité temporaire ou permanente de cette personne;
  • en le ou la remplaçant périodiquement;
  • en recrutant et formant une nouvelle personne.
     

La vie privée des employé-es, est-ce que ça me regarde?

Bien que la violence conjugale soit vécue actuellement dans la vie privée des gens, le bien-être, la santé et la sécurité de vos ressources humaines vous concernent. Ces éléments sont essentiels à l’épanouissement personnel de chaque membre de votre équipe. Malheureusement, la violence conjugale entraine, à coup sûr, une altération à ces trois niveaux chez les personnes impliquées personnellement dans ce type de situation. La santé, le bien-être et la sécurité de vos ressources humaines étant indispensables, vous préoccuper de la vie privée de ces dernières est par conséquent un geste riche de sagesse.
 

Quels signes peuvent démontrer qu’un-e employé-e en est victime?

Peu importe le sexe de la personne à votre emploi vivant une relation de violence conjugale, celle-ci traverse, inévitablement, une situation difficile qui l’ébranle psychologiquement et qui peut la désorganiser à moyen ou long terme. Les conditions de vie découlant de la violence sont précaires, insécurisantes et dévalorisantes pour votre employé-e. Au quotidien, il ou elle peut par exemple se faire :

  • commander;
  • humilier;
  • menacer;
  • dénigrer;
  • surveiller;
  • intimider;
  • frapper;
  • secouer;
  • agresser sexuellement;
  • contraindre sur le plan financier.
     

Il est donc possible que votre milieu de travail soit le seul endroit où le respect, la stabilité et la sécurité lui permettent de voir au-delà de sa présente relation.

Par contre, votre employé-e apporte au travail différentes préoccupations, dont :

  • vous cacher cette réalité intime qu’il ou elle sait être malsaine;
  • préserver son image professionnelle;
  • s’isoler du reste de l’équipe;
  • décliner systématiquement les invitations aux activités en dehors du travail;
  • avoir peur d’attirer l’attention, car la situation peut être à ses yeux impossible à dévoiler à quiconque.
     

En effet, le dévoilement de la situation, particulièrement dans les petites communautés, peut représenter pour la victime un risque accru d’atteinte à sa réputation ainsi qu’à celle du conjoint ou de la conjointe, d’autant plus que des menaces et des représailles pourraient en découler.

De ce fait, la victime agit au travail en :

  • se censurant;
  • mentant pour cacher la vérité à ses collègues;
  • évitant de nouer et de conserver des relations;
  • employant des propos d’autodénigrement.
     

Votre employé-e peut probablement :

  • se sentir isolé-e;
  • être très anxieux ou très anxieuse;
  • se sentir pris-e au piège dans la relation;
  • démontrer des signes de dépression.
     

Professionnellement, il ou elle pourrait :

  • avoir l’étiquette d’employé-e difficile en raison de ses absences, ses retards et de son rendement insatisfaisant;
  • manquer de confiance en lui ou en elle;
  • avoir peur de la réussite;
  • avoir des réticences à l’égard du perfectionnement professionnel;
  • arriver au travail en retard;
  • avoir de la difficulté à respecter les échéanciers;
  • avoir des comportements d’auto sabotage;
  • avoir d’importantes difficultés à gérer le stress;
  • avoir de la difficulté à garder sa concentration au travail ou à accomplir ses tâches en raison de distractions ou de blessures.
     

Sa santé générale s’en ressentira également. Voici quelques signes que vous pourriez voir apparaitre ou évoluer :

  • les troubles alimentaires comme la boulimie ou l’anorexie;
  • la consommation de médicaments;
  • l’usage du tabac;
  • l’abus d’alcool ou d’autres drogues;
  • des pratiques de jeux impliquant de l’argent;
  • une fatigue apparente en raison de modifications dans ses habitudes de sommeil et d’une alimentation carencée ou irrégulière;
  • d’importants changements dans ses choix vestimentaires ou esthétiques dus à une négligence volontaire ou inconsciente, à des difficultés financières ou à un contrôle psychologique ou économique de la part de l’autre partenaire.
     

Quelles sont les répercussions négatives sur l’équipe de travail?

Côtoyant régulièrement la personne impliquée dans une relation de violence conjugale, l’équipe sent bien que quelque chose ne va pas et peut ouvertement ou discrètement se préoccuper de son état de santé général. Sans savoir ce que traverse leur collègue dans sa vie personnelle, les membres de l’équipe peuvent :

  • interpréter et juger les comportements de cette personne;
  • répandre des rumeurs à son endroit;
  • penser que leur collègue est une personne déprimée, distante, renfermée ou paresseuse;
  • trouver désagréable ou difficile le travail d’équipe en sa compagnie;
  • se sentir agacés du rendement professionnel instable ou déficient de cette personne;
  • être mécontents de devoir pallier ces difficultés;
  • être appelés à assumer des tâches pour lesquelles ils n’ont pas été formés, ce qui peut affecter leur moral et leur motivation au travail.
     

Dans la mesure où les membres de l’équipe ont conscience ou connaissance que leur collègue est impliqué-e dans une situation de violence conjugale, ils peuvent :

  • ressentir de l’anxiété par rapport à la sécurité de la victime;
  • croire que leur propre sécurité et la sécurité de tous sont compromises, suite à des visites ou des appels harcelants et menaçants de l’agresseur sur le lieu de travail de la victime;
  • connaitre, fréquenter socialement ou travailler avec l’autre partenaire impliqué-e dans la relation violente, en particulier dans les petites communautés;
  • vivre un conflit de loyauté vis-à-vis des partenaires;
  • être au courant des menaces planant dans le couple;
  • connaitre des propagandes que le ou la partenaire violent-e fait circuler au sujet de la victime;
  • être témoins de scènes violentes;
  • se sentir impuissants devant la situation en ne sachant pas quoi dire ou quoi faire;
  • ne pas savoir quelles informations donner à la victime et quels renseignements divulguer à la police, à la protection de la jeunesse et à vous en tant qu’employeur;
  • essayer de sauver la victime en la prenant en charge, en l’hébergeant, en la déménageant ou en décidant d’intervenir directement auprès de l’agresseur.
     

Ces alternatives comportent un certain risque de confrontation avec l’agresseur et mettent ses collègues en danger.
 

Comment reconnaître un-e employé-e qui est violent-e dans sa relation?

Identifier une personne violente dans un couple est en général très délicat et très difficile, si elle est une bonne collègue du point de vue de l’équipe et du vôtre en tant qu’employeur. Au travail, elle peut avoir une attitude calme, agréable et charmante. Ce décalage entre la réalité professionnelle et la réalité privée s’explique du fait qu’elle croit que son ou sa partenaire et ses enfants lui appartiennent et doivent être contrôlés et ne croit pas la même chose au sujet des autres personnes qu’elle côtoie la plupart du temps.

Sachant que les membres de son équipe de travail ne resteront pas indifférents devant de telles insinuations ou déclarations, dans son milieu de travail, la personne violente agira de façon à :

  • ne pas ouvrir la conversation sur la dynamique de violence qu’elle cultive dans sa relation de couple;
  • préserver son image professionnelle et sociale;
  • conserver le contrôle qu’elle exerce sur cette situation.
     

Donc, il est plus probable que vous appreniez ou compreniez que votre employé-e est violent ou violente dans sa relation amoureuse :

  • à partir des confidences de la victime si elle est également à votre emploi;
  • à partir du témoignage d’une autre personne qui aurait constaté une scène de violence;
  • à partir de commérages qui circuleraient à l’endroit de votre employé-e ou de son ou sa partenaire rapportant la possibilité ou l’évidence qu’il s’agit d’une relation de violence conjugale.
     

Sans pour autant vous permettre d’authentifier qu’il ou qu’elle est violent-e, vous pourriez y associer différents éléments comme :

  • un changement dans son rendement professionnel;
  • une faible estime de soi camouflée sous une attitude omnisciente;
  • une difficulté à accepter la critique;
  • une difficulté à se sentir responsable de ses erreurs et à les admettre;
  • le déni et le refoulement des difficultés professionnelles rencontrées;
  • une tendance à s’isoler pour trouver solitairement le moyen de relever les défis;
  • la démonstration d’une grande tolérance face aux propos dénigrants, machistes, sexistes ou misogynes;
  • la pratique de jeux impliquant de l’argent;
  • l’usage excessif du tabac;
  • l’abus d’alcool;
  • la consommation de drogues;
  • l’emploi de comportements à risque.

 

Votre employé-e peut s’absenter pour des raisons de santé ou peut ne pas être en mesure d’accomplir toutes ses tâches en raison de blessures auto infligées ou occasionnées par la réaction de défense du ou de la partenaire. Par ailleurs, en choisissant la menace ou la tentative de suicide comme moyen de manipulation psychologique à l’endroit de son ou de sa partenaire intime, la personne violente met en péril sa propre santé et sa sécurité dans le but de conserver la relation de contrôle qu’elle exerce.

Il est possible que, sur ses heures de travail, votre employé-e :

  • surveille et harcèle son ou sa partenaire;
  • appelle ou contacte abusivement sa victime par messagerie instantanée;
  • lui écrive une grande quantité de courriels;
  • consulte et commente de façon obsessive les profils, contacts et publications de son ou sa partenaire sur les réseaux sociaux;
  • s’absente spontanément du travail pour contraindre et violenter son ou sa partenaire;
  • ait une attitude tendue ou agressive.
     

Il est possible que l’attitude de votre employé-e devienne inappropriée ou que ce dernier ou cette dernière pose des gestes violents au travail. Vous avez à ce moment-là le pouvoir d’intervenir sur son comportement au travail et le devoir de fournir aux autres salariés un milieu de travail exempt de violence. 
 

Une bonne solution : un environnement de travail sain, sécuritaire et positif

Dans tous les cas, un milieu de travail positif diminue grandement les répercussions de la violence conjugale sur votre équipe. En veillant à stimuler le moral de vos employés et à faciliter la réduction de leur stress à l’aide de formations, de programmes de mieux-être, de séances d’activité physique ou de marche à l’heure du repas, de célébrations ou d’évènements de reconnaissance des employés, vous encouragez la confiance en soi et la confiance que portent vos employés à votre organisation.

Ce climat de confiance sécurise votre employé-e victime de violence conjugale et l’aide à briser son isolement, à s’ouvrir à vous sur sa situation. Par ailleurs, votre vigilance à l’égard de la sécurité de vos employés rassurera, assurément, celui ou celle qui est victime de violence. Ce dernier ou cette dernière a besoin de savoir que, quoi qu’il advienne de sa relation amoureuse, il ou elle sera à l’abri de représailles et de harcèlement sur son lieu de travail, car votre entreprise est possiblement le seul endroit où il ou elle se sente en sécurité.
 

Quoi faire quand mon employé-e vient se confier à moi

Lorsqu’il y a violence dans la vie intime d’un travailleur ou d’une travailleuse, il existe toujours la possibilité que celui-ci ou que celle-ci prenne l’initiative de se confier à vous. Rassurez-vous, cela signifie qu’en tant que superviseur-e ou responsable des ressources humaines, vous êtes considéré comme une personne neutre, objective, qui ne jugera pas la situation et qui inspire confiance.

Cela signifie également que cette personne a espoir que vous l’aidiez à trouver des solutions pour se sortir, le plus sainement possible, de cette situation et pour concilier sa vie personnelle mouvementée aux exigences du travail. Ainsi, votre rôle consiste d’abord à fournir le soutien recherché par cette personne :

  • en croyant l'employé-e;
  • en faisant preuve de sensibilité par rapport à sa problématique;
  • en lui témoignant de la compréhension;
  • en l’écoutant activement;
  • en faisant preuve de non-jugement par rapport à la situation et par rapport aux personnes impliquées.
     

Deplus, en orientant votre employé-e vers les ressources internes de l’entreprise, comme un programme d’aide aux employés, et vers les ressources disponibles dans la communauté, vous répondrez à son besoin de trouver des solutions. Des mesures particulières pour concilier son vécu de violence conjugale à sa vie professionnelle peuvent lui être proposées selon ses besoins spécifiques ou peuvent être déployées à partir d’une politique de soutien en matière de violence conjugale.